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mardi 07 septembre 2010 Danielle Bousquet

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Mission parlementaire au Burkina Faso du 4 au 11 avril 2009 sur les droits et la santé de la procréation

Cette mission francophone était organisée par le Forum parlementaire européen associé à l’ONG « Equilibres et Populations ».

Ce voyage d’études avait notamment pour objet l’étude des stratégies et les réalisations concrètes mises en œuvre au Burkina Faso pour éliminer la pauvreté et relever les défis liés à la démographie et à l’accès par la population aux droits et services en matière de santé sexuelle et reproductive.

Malgré les efforts financiers et humains consentis, l’état de santé de la population burkinabé et plus particulièrement celui des mères et de leurs enfants reste très précaire, tout comme celui des jeunes filles adolescentes.

Le Burkina Faso (ancienne Haute Volta) est un des pays les plus pauvres du monde (avant dernier dans le classement du PNUD – Programme des Nations Unies pour le Développement - selon l’indice de développement humain). La situation risque de s’aggraver car le taux de croissance du PIB est inférieur au taux de croissance démographique. Si on prolonge les tendances actuelles, le Burkina Faso compterait 37 millions d’habitants en 2050, alors que le désert du Sahel progresse au Nord du pays pénalisant l’agriculture vivrière et augmentant la pauvreté.

Cette question de la maîtrise démographique fut au cœur des rencontres.

Elle renvoie directement au thème de la mission sur les droits et la santé de la procréation avec ses déclinaisons culturelles, sociales et économiques : désir d’enfants pour assurer les vieux jours de la famille (au sens large), polygamie, dépendance économique de la femme, conception de la sexualité (excision)…

Les rencontres avec les parlementaires burkinabés, les représentants des ministres, mais aussi sur le terrain avec les ONG, les femmes et les jeunes font apparaître deux modes d’intervention : le premier est politique (rôle de l'État et des collectivités locales), le second pragmatique (rôle des ONG et des associations locales).


En tout état de cause, l'État est incontournable car il a la responsabilité du développement du pays. L'État a initié une décentralisation en particulier en matière de santé. Mais les villages restent de fait sous l’autorité des « chefs coutumiers » (dont certains sont rentrés dans les nouveaux conseils municipaux). Ces derniers sont en effet une des clés de l’efficacité du 2ème type d’intervention, pragmatique, sur le terrain, par les ONG et les associations locales. Convaincre le chef coutumier, ou au moins obtenir sa neutralité apparaît indispensable sur toutes les questions culturelles posées par le thème de notre mission.

En effet, pour atteindre les objectifs sur « les droits et la santé de la procréation », il faut initier des changements de comportements qui pour s‘installer demanderont au moins une génération (changements culturels).

De cette mission on peut déjà retirer deux enseignements : le changement est possible, les actions ponctuelles des ONG le montrent. Mais à condition que ces nouveaux droits soient appropriés et diffusés par les populations : l’appui des ONG est indispensable, la mobilisation des associations et réseaux locaux l’est tout autant. La priorité donnée au niveau international à l’Education et à la Santé est un bon choix, à condition que les programmes qui en dépendent incluent le développement des droits et de la santé de la procréation.

La délégation a conclu sur des motifs d’espoirs et d’engagement :

« Si le problème crucial d’une pauvreté en augmentation empêche parfois de savoir par où commencer, il révèle la difficulté de formuler une réponse globale et intégrée à tous les problèmes du Burkina Faso. Mais l’extraordinaire désir d’entreprendre dont ont témoigné nos interlocuteurs locaux successifs laisse place à un désir de renforcement de l’engagement à travers des actions susceptibles de créer des effets concrets et durables. En même temps, elle paraît exprimer une volonté de soutien aux efforts des autorités à travers une participation et concertation plus active à la définition des politiques et projets, elle exprime en outre le souhait d’une meilleure implication des responsables des lieux de la représentation nationale et locale et, au sein de la délégation, à un immense optimisme et à la volonté d’accompagner le gouvernement dans ses efforts quotidiens, la représentation nationale dans ses responsabilités politiques, les femmes comme les jeunes filles dans le développement durable d’opportunités à leur profit, et plus généralement la population burkinabé dans la réalisation de ses espoirs de jouir de meilleures conditions de vie »


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