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mardi 07 septembre 2010 Danielle Bousquet

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17.09.2008
La présence de la France en Afghanistan fait débat

Au printemps dernier, Nicolas Sarkozy a décidé d’élargir les missions confiées aux soldats français et ce, en totale contradiction avec ses déclarations lors de la campagne présidentielle qui évoquaient une présence non décisive dans cette région du monde. Le 27 août 2008, Nicolas Sarkozy a appelé le Parlement à se prononcer sur la présence de la France en Afghanistan. Je souhaite vous faire partager les informations qui sont aujourd’hui à disposition des députés et la demande socialiste clairement exprimée au Président de la République...


Le bilan militaire

Il est mauvais. Fin 2001, les talibans étaient repoussés dans les montagnes pakistanaises. Aujourd’hui, ils contrôlent plus ou moins un tiers de l’Afghanistan et se rapprochent de Kaboul. 191 soldats de la coalition sont morts depuis le début de l’année.

Au-delà de la question des moyens, un débat est nécessaire sur le bilan de l’action menée et sur les conséquences à en tirer pour l’avenir. Parmi les insatisfactions, notons que :

- la moitié de l’aide promise a été versée,

- 40% de ce qui a été versé est reparti vers les pays donateurs (sous forme de salaires d’expatriés, contrats divers…),

- la corruption a absorbé une bonne part de l’aide effective,

- l’aide s’est concentrée dans quelques zones seulement.

Aucune solution militaire n’est durable, il faut réviser l’approche stratégique, la conduite et le financement des projets de développement.

Les conséquences d’un retrait de la France

La mission militaire de la France porte sur deux points :

- la sécurisation de Kaboul et la formation des militaires afghans, objet d’un consensus national,

- les opérations de guerre, décidées par le Président de la République.

Un abandon des missions de guerre serait un simple retour à la situation d’il y a 6 mois.

Militairement, un retrait de la France signifierait 2 500 Français de moins, ce qui ne changerait rien au dispositif qui emploie 70 000 soldats.

Ce qu’il faut retenir, c’est que les missions françaises étaient limitées à la sécurisation et à la formation, et que c’est cet équilibre qui a été rompu par la décision de Nicolas Sarkozy, quand il a pris la décision de prendre la responsabilité militaire de la Kapisa, région troublée. Cette fuite en avant militaire et l’absence de stratégie française de sortie de crise a été dénoncée le 1er avril 2008 par Jean-Marc Ayrault, lors du débat sur la situation en Afghanistan, puis par François Hollande, lors de la défense de la motion de censure du 8 avril 2008.

« Au vu de ces éléments et à l’aube du débat parlementaire, je vous livre la demande faite au Président de la République aux noms des parlementaires socialistes et radicaux :

« La France doit prendre l’initiative d’un débat avec ses alliés sur cinq points majeurs :

- une meilleure répartition des responsabilités au sein de la coalition grâce à la création d’un directoire de la coalition, compétent tant politiquement que militairement et rendant compte régulièrement de l’impact de notre présence ;

- la relance d’un dialogue politique entre Afghans qui ait pour effet d’élargir la coalition au pouvoir autour du président Karzaï et de diviser les insurgés ;

- l’élargissement de la coalition à d’autres pays afin d’éviter de donner le sentiment d’une guerre opposant le seul Occident aux rebelles afghans et de construire un partenariat commun le plus large possible face au terrorisme.

- une clarification avec le Pakistan, impliqué dans la situation interne de l’Afghanistan.

- l’établissement d’un calendrier sur les nouveaux objectifs de la coalition assorti d’un échéancier sur notre présence en Afghanistan.

Le débat du 22 septembre n’est pas de savoir si la France doit se désengager de l’Afghanistan, elle ne le doit pas, mais de définir à quelles conditions la présence de nos soldats peut contribuer à une paix durable, dans cette région comme dans le reste du monde.

Il est de la responsabilité du président Sarkozy que la France puisse s’exprimer d’une seule voix. Il lui appartient de sauvegarder l’unité de vue qui a prévalu au sein des assemblées au moment de la décision d’engager nos forces armées en Afghanistan. » »


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