Sous l’intitulé de « sécurisation des parcours professionnels », le Gouvernement a fait voter par sa majorité cette semaine deux mesures destinées à contourner le droit du travail et à parachever le démantèlement systématique des acquis sociaux à l’œuvre depuis 2002. On y trouve la légalisation , à titre expérimental, avant sa généralisation,du prêt de main-d’œuvre à but lucratif ,l’institution d’ un nouveau motif de licenciement dit « d’un commun accord », la création du congé de mobilité en lieu et place du congé de reclassement privant les salariés de garanties élémentaires.
Pour nous la sécurisation des parcours professionnels, c’est tout à fait autre chose : il s’agira d’une couverture professionnelle universelle, élaborée en concertation avec les partenaires sociaux, et assurant les trois éléments fondamentaux du travail : l’emploi, les ressources et la formation.
Si d’autres mesures ont pour l’heure été écartées – pour combien de temps ? –, comme l’instauration d’un nouveau mode de décompte des salariés dans les entreprises, la possibilité de cumuler temps partiel et intérim ou la forfaitisation de l’activité prud’homale, ce texte n’en est pas moins emblématique de l’abaissement du Parlement, soumis à une hyper-inflation de textes. Alors même que nombre de ses mesures concernaient le contrat de travail, il a été élaboré sans concertation avec les partenaires sociaux, en contradiction avec les engagements pris par le Président de la République.
Bien comme hélas trop souvent avec cette majorité parlementaire , on y trouve le contraire des beaux principes mis en exergue, mais cela n’est pas nouveau.